LA SECTION CLINIQUE DE CLERMONT-FERRAND
Direction Coordinateur Enseignements
Jacques-Alain Miller
Jean-Robert Rabanel
Michèle Astier, Gabriel Chantelauze, Jean-François Cottes, Christian Fontvieille, Françoise Héraud, Michel Héraud, Jacques Lacourt, Jean-Robert Rabanel,
Simone Rabanel, Jean-Pierre Rouillon, Alain Vivier.
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Au programme :
de 9h à 16h 30,
au local d’UFORCA,
11, rue Gabriel-Péri
63000 Clermont-Ferrand.
Les samedis 1er octobre, 5 novembre, 26 novembre, 10 décembre 2011,
De 9h à 10h 30 : Séminaire pratique,
de 10h 45 à 12h 15 : Enseignement des présentations de malades,
de 14h à 16h 30 : Conférence du séminaire théorique.
Cette année, trois conférenciers seront invités :
Samedi 5 novembre 2011
Agnès Aflalo
« Homme aux loups et la psychose normale »
Samedi 26 novembre 2011
Hervé Castanet
« Logique d'un désir mort. Sur un cas de mélancolie »
Samedi 11 février 2012
Jacques Borie
« Psychose ordinaire et style de vie »
Lors de chaque session, de 14 h à 16 h 30.
La situation ne se présente pas non plus sur le versant de la dissociation, du retrait, de la fragmentation et de la désagrégation. Elle ne se présente donc pas sur le versant de la schizophrénie. Pour autant, il n’est pas non plus possible de considérer qu’il s’agit d’une névrose. On ne retrouve pas en effet dans ces situations ce qui permet de reconnaître la névrose : la dimension de la relation à l’Autre, la primauté du symbolique et de l’imaginaire, l’insistance de la répétition. Surtout la dimension du sens et de la signification n’est pas au premier plan, ce qui laisse peu de place à l’efficace de l’interprétation. La dimension de la vérité s’efface au profit de la mise en œuvre d’un faire qui creuse inexorablement son sillon.
Ni le doute, ni l’insatisfaction ne peuvent rendre compte d’un désordre palpable qui s’éprouve dans la rencontre avec ces sujets. Le clinicien ne cesse alors de s’interroger sur la structure clinique, ne pouvant se décider à conclure entre psychose et névrose.
Cette question pratique et quotidienne que rencontre le clinicien et les travailleurs de la santé mentale ne peut recevoir de réelle réponse avec la transformation de la clinique psychiatrique que réalise la référence quasiment obligée aux critères diagnostiques du D.S.M. Elle ne peut non plus se résoudre sous les auspices de la primauté accordée aujourd’hui à la santé mentale aux dépens de la maladie mentale. La réduction de la dimension de symptôme à celle de trouble a pour seul résultat la promotion d’un apprentissage des conduites qui tente de résorber totalement la dimension de réel qui s’inscrit au cœur de l’existence du symptôme.
Résoudre cette question clinique est donc de première importance si l’on veut construire une clinique du XXI° siècle digne de ce nom qui ne recule pas devant le malaise de la civilisation et l’impossible à supporter.
Cela suppose un renouvellement de la clinique qui ne fasse pas table rase de la clinique classique, mais qui prenne en compte la capacité de création et d’invention propre aux sujets que nous rencontrons, création s’inscrivant non pas en réaction contre la maladie, mais dans la mise en forme même du symptôme.
Si la réalité du névrosé s’ordonne autour d’un point, le Nom-du-Père, qui lui donne sens et signification, la réalité du psychotique a cédé du fait de ne pas disposer de ce point fixe. C’est alors le délire qui vient, en un second temps, tisser sa toile au-dessus de ce trou. Pour ceux qui ne se présentent ni sur un versant, ni sur l’autre, Jacques-Alain Miller nous indique qu’un élément vient fonctionner à cette place, élément qui fait fonction du Nom-du-Père sans en avoir la stabilité, élément faisant également fonction de symptôme.
J.-A. Miller propose alors de considérer ces situations sur le versant de la psychose, dès lors qu’on ne peut se décider pour la névrose. Il leur donne le nom de « psychose ordinaire ». Il s’agit donc non pas d’entériner purement et simplement ce concept, mais plutôt de lui donner consistance à partir de l’expérience en dégageant les éléments qui peuvent nous permettre de le sérier. C’est ce que J.-A. Miller acte en 2008, lors d’un Séminaire anglophone, consacré à la psychose ordinaire.
Il nous indique que la clinique de la psychose ordinaire est une clinique fine, une clinique des petits signes, des petits indices, des plus et des moins. Il s’agit de repérer dans ces situations ce que Lacan appelle « un désordre provoqué au joint le plus intime du sentiment de la vie chez le sujet ».
Ce désordre peut aussi bien se cerner dans la relation sociale, dans la relation du sujet à son corps que dans le rapport à l’identification. Prendre acte de la façon dont le sujet résout de façon provisoire ou non, ce désordre, en se confondant avec son travail, en se réduisant à sa profession, en vouant son corps au morcellement, en le tatouant, en s’identifiant au déchet, c’est consentir à l’invention que le sujet a élaborée, construite pour échapper à la catastrophe qu’il ne cesse de côtoyer. C’est prendre acte de sa singularité tout en lui offrant la possibilité de rencontrer un partenaire qui a chance de répondre.
Il s’agira donc pour nous cette année, de nous enseigner de cette clinique de la psychose ordinaire, clinique qui s’élabore au jour le jour en s’enseignant de la façon dont chacun peut border le désordre qui est au cœur de son existence.
Lors de chaque session, de 9 h à 10 h 30.
Ce séminaire offre la possibilité aux participants d’exposer un cas de leur pratique et de le questionner à la lumière de l’orientation lacanienne de la psychanalyse. C’est un moment important et apprécié.
La possibilité d’entretiens préalables, avec un enseignant de son choix, est offerte à chaque participant engagé dans ce travail, pour la mise en forme et la construction du cas choisi.
Ce séminaire, articulé au thème de la session et à la problématique qu’elle traite, est l’occasion de cerner les questions cliniques rencontrées, voire les problèmes dans la mise en jeu des pratiques comme pratique de la parole.
Selon les indications de Jacques-Alain Miller, les indices de la psychose ordinaire sont à rechercher dans « un désordre provoqué au joint le plus intime du sentiment de la vie chez le sujet » (Cf. J. Lacan, Ecrits, « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose »). Il situe ces indices dans une triple externalité : sociale (débranchement, hyper-investissement), corporelle (pratique de marquage, failles du rapport au corps), subjective (indices de vide, de vague, d’identification à un objet de déchet).
Autant d’éléments que les participants pourront recueillir à partir de leur pratique pour leurs exposés.
Afin que tous les participants se sentent plus directement concernés par le séminaire pratique, il est rappelé que les pratiques autres que cliniques peuvent y prendre place pour interroger leur rapport à la psychanalyse.
Les présentations seront faites par Michèle Astier, Jean-François Cottes,
* Au CHU, Service du Pr Llorca
de 15h à 17h, les mardis suivants :
4 octobre, 8 novembre, 6 décembre 2011.
3 janvier, 7 février, 6 mars, 3 avril, 15 mai et 5 juin 2012.
* Au CHS Sainte-Marie
11, avenue Franklin Roosevelt, 63000 Clermont-Ferrand.
Les Docteurs Didier Boussiron, Stéphane Lebret et Jean-Philippe Mangeon proposeront des patients de leurs services pour les présentations de malades au CHS Sainte Marie. Ces présentations de malades auront lieu de 15h à 17h la veille des rendez-vous de la session 2011-2012 les vendredis suivants :
4 novembre, 25 novembre, 9 décembre 2011,
13 janvier, 10 février, 16 mars, 27 avril, 11 mai et 15 juin 2012.
Lors de chaque session, de 10 h 45 à 12 h 15.
La Section clinique de Clermont-Ferrand permet à ses participants d’assister aux présentations de malades et de s’en enseigner. Elles sont organisées dans les services de psychiatrie du CHU et du CHS Ste-Marie, intéressés par cet apport clinique. Ce module de formation se déroule en deux temps : la présentation dans le service étant suivie d’une reprise dans les enseignements de la session.
Le dispositif de la présentation consiste en un entretien d’un psychanalyste avec un patient proposé par un médecin du service. L’entretien se déroule devant une assistance composée de soignants et de participants de la Section clinique. L’assistance est rigoureusement silencieuse et attentive. Chacun peut prendre des notes.
La présentation se déroule sans protocole ni questionnaire, avec la seule offre de dire et une attention orientée par les principes analytiques. Ainsi, c’est moins le trajet du patient qui retient notre attention que la façon dont le sujet, dans l’effort qu’il fait pour le relater, déploie une énonciation singulière. Qu’entendons-nous alors au-delà du sens commun de son histoire ? Quels sont les points d’achoppement, de réticence, de décrochage ? Qu’est-ce qui sous-tend le récit de cette tragédie humaine ? Quelle position subjective ? Quel rapport au signifiant ? Quelle jouissance ? Quelles impasses ? Quelles solutions le patient a-t-il pu trouver dans le passé ? Quels nouages et dénouages sont à l’œuvre ? etc.
La liste des interrogations ne saurait être exhaustive car elle varie dans chaque cas. Les questions sont nombreuses et non programmables car ce n’est pas la chaîne des déterminations familiales, sociales, médicales ou autres qui nous guide, mais la langue de celui qui nous parle. Pas de standard donc, ni de savoir préétabli, mais l’imprévu d’une rencontre qui se distingue du traitement psychanalytique en tant que tel d’être réduite à un entretien unique.
La surprise est au rendez-vous lorsque le patient se saisit de l’offre qui lui est faite pour transmettre à l’assistance l’expérience qui est la sienne et le savoir qu’il a forgé de son cas. Cette transmission est la base de l’enseignement des présentations de malades.
Avec l’ensemble des enseignants, ce séminaire est ouvert aux participants.
Ce séminaire aura lieu la veille de chaque regroupement, à 20h 30, au local d’UFORCA, d’octobre à juin.
Il sera animé par les membres du CERCLE-UFORCA Clermont-Ferrand.
Les documents relatifs à la session 2011 - 2012 ainsi que le bulletin d'inscription sont disponibles en téléchargement
Les inscriptions et les demandes de renseignements concernant aussi bien l'organisation pédagogique qu'administrative doivent être adressées à :
Section clinique de Clermont-Ferrand, 32 rue Blatin,
63000 Clermont-Ferrand (Tel : 04 73 93 68 77).
CONDITIONS GENERALES D'ADMISSION ET D'INSCRIPTION
Pour être admis comme participant de la Section clinique, il n'est exigé aucune condition d'âge ou de nationalité.
Il est, par contre, recommandé d'être au moins du niveau de la deuxième année d'études supérieures après la fin des études secondaires. Des demandes de dérogation peuvent cependant être faites auprès de la Commission d'organisation.
Les admissions ne sont prononcées qu'après au moins un entretien du candidat avec un enseignant.
Le nombre des places étant limité, les inscriptions se feront dans l'ordre d'arrivée des demandes.
Clermont-Ferrand, 1er semestre 2011